À la découverte de Radio Kreiz Breizh 

Jusqu’à il y a peu, pour rejoindre les locaux de Radio Kreiz Breizh, il fallait emprunter une route qui sortait de la départementale 787, entre Guingamp et Carhaix, puis rouler à travers la campagne vallonnée costarmoricaine, imaginant au-delà des talus, des landes encore préservés. Avant d’arriver dans le bourg de Saint-Nicodème. Ses quelque 171 âmes et le berceau historique de RKB. « La radio y était depuis 38 ans », raconte la coordinatrice d’antenne depuis deux ans, Virginie Botrel dont la voix calme et rythmée donne envie d’écouter. « Ça a commencé dans un bus, avec une antenne sur le toit, en 1983 ». Mais l’idée de la radio naît d’abord avec un concept : « Kazetenn Ar Vro Plinn ». « C’était des informations en breton, enregistrées sur des cassettes, entre les communes de Lanrivain, Kerpert, Saint-Gilles-Plijeaux, Saint-Connan, Peumerit-Quintin et Trémargat dans les Côtes d’Armor. Ça a débuté en 1978. 300 ou 400 adhérents les recevaient, jusqu’en 1981 », relate Tomaz Laken, grand brun au visage placide, journaliste à RKB, mais embauché par Brudañ ha Skignañ (BHS), la fédération des radios associatives en langue bretonne. Après le bus, la radio investit une maison dans le bourg avant que des locaux ne soient construits par la mairie, à côté de son bâtiment. « Nous sommes partis après le deuxième confinement, la mairie allait faire des travaux. Les bruits et la radio », Virginie plie les yeux et tord légèrement la bouche. Effectivement, les deux ne font pas bon ménage.

Radio Kreiz Breizh, entre Rostrenen et Guingamp…

Si le panneau qui indique la radio n’a toujours pas été désinstallé à Saint-Nicodème, depuis le 8 février 2021, les studios ont bien déménagé à Rostrenen. Une seconde antenne au Ti Ar Vro de Guingamp a également vu le jour. Une façon de couvrir le territoire plus commode (Rostrenen est au sud de la zone de diffusion) et qui permet le développement guingampais. Et un coup de frais ! « Nous avons fait deux Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) et à chaque fois, déménager apparaissait dans les préconisations ». Désormais, les bénévoles viennent plus facilement. La preuve en est, durant notre entretien, un jeune homme vient déposer une clé USB, sur laquelle figure sa prochaine émission à diffuser. Moment sympathique et convivial, même en coup de vent.

…Et tournée vers l’avenir

Le seul hic à Rostrenen pour le moment, « la fibre n’arrivera pas dans le centre-ville avant 2026 ». Et pour les programmes partagés avec les autres radios de BHS, ça ne serait pas de trop. Les studios sont hébergés dans une ancienne banque, louée par la mairie de Rostrenen à laquelle la radio s’acquitte d’un loyer. Le lieu est partagé avec quelques autres associations (dont certaines travaillent avec RKB) et se veut être un pôle culturel. Avec une dynamique positive et de l’entraide. À la cave, les anciens coffres n’ont pas pu sortir « ils sont trop lourds », explique la coordinatrice d’antenne. Un coffre-fort imposant sur un côté, comme sorti d’un film de gangster, et un pan de mur occupé par de multiples petits coffres, où se trouve toujours la clé. Le tout dans des teintes grises métalliques passées, dont l’aspect suranné trahit la retraite. Quoiqu’elle fût anticipée cette retraite. Car il s’y trouve un nouveau trésor ! Ce sont désormais les archives de RKB qui y reposent. En attendant d’être mises en valeur par Nolwenn Falezan, arrivée il y 18 mois. « Elle a répertorié 900 chroniques de « Gerioù ar Vuhez », proposées par Henri Le Naou pendant près de 15 ans (de vraies petites leçons de vocabulaire, riches et variées qui abordent un mot en breton en le déclinant sous des formes diverses) pour qu’elles puissent être à nouveau diffusées sur les ondes d’RKB et ensuite valorisée », explique Virginie, enthousiaste. « C’est une toute petite partie pour le moment ! ». En avril, une nouvelle embauche se fera, « il s’agit de notre dernier service civique, nous avons trouvé la perle rare », se réjouit la jeune femme. Il s’occupera à mi-temps de la technique et l’autre mi-temps du volet éducation aux médias. Un poste incontournable désormais.