À la découverte de Radio Activ’

C’est une maison de plain-pied, blanche et verte, peinte aux couleurs de la radio Activ’. Pour la trouver, il faut sortir de la RN12 à Langueux, derrière la grande zone commerciale. Là, des quartiers résidentiels, lotissements aux tons crème, où la vie s’écoule tranquillement. Il est midi et demi et la petite équipe s’est réunie dans le studio pour le déjeuner. C’est bonne ambiance et bonne franquette et surtout l’occasion de pouvoir discuter avec les trois salarié·e·s en même temps. Sindy, qui anime la matinale de 7 h à 9 h, s’en va dans la foulée.

De temporaire à permanente

L’aventure Radio Activ’ commence en 1997, avec le club des jeunes de Langueux « à l’époque, un animateur demandait aux jeunes ce qu’ils voulaient faire et certains ont eu l’idée de faire de la radio », explique David Morvan, le coordinateur, devant un burger qu’il vient de réchauffer au micro-ondes. C’est une radio temporaire qui émet trois ou quatre mois par an jusqu’en 2007. Cette année-là, elle devient permanente « toute une équipe s’était mobilisée pour l’appel à fréquence et le dossier a été retenu ». Désormais, trois salarié·e·s y travaillent. Il y a Sindy Le Louarne, qui s’occupe de la matinale, donc, et du côté administratif. David Morvan du côté technique et de la coordination et enfin Marcus Mithouard que l’on surnomme affectueusement « tonton », pour la programmation, l’animation et les ateliers médias. La radio émet sur le 101.9 FM, autour de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor et son antenne est située à Plérin, à 8 km à vol d’oiseau des studios.

Diversité

Un mot pourrait résumer la ligne éditoriale : diversité. « On est identifié comme une radio musicale de gauche, axée sur la vie locale du territoire, la découverte et l’émergence », résume Marcus. Identifiée musicale, notamment parce qu’elle fait partie de la Ferarock (depuis 2010) « ça a permis de sentir une très grosse différence en matière de réception de disques et avec les artistes ». Des CDs justement, dans le bureau de Marcus, il y en a partout ; la partie émergée de l’iceberg, car le reste (90% du stock) se trouve dans des cartons remisés au grenier « et encore, maintenant il y a beaucoup de musique dématérialisée », ponctue l’animateur et laisse songeur quant au travail d’écoute à fournir. David complète, « quand je parle avec quelqu’un qui écoute plutôt des radios commerciales, je simplifie : en principe, tu ne devrais connaître quasiment aucune chanson de la playlist ».

Justement, les découvertes, ça passe aussi par le live. Toutes les deux semaines, la radio se délocalise au Bonjour Minuit à Saint-Brieuc ou au Grand Pré de Langueux, où Marcus anime sa quotidienne de 18h « Activ’ Yourseulf ». Là, des artistes régionaux viennent se produire. « C’est un exercice de style pour eux », éclaire l’animateur. Ça commence par une interview puis un live d’une heure et en public. « Ça permet de les mettre en avant et certains groupes nous disent que grâce à l’émission ils ont trouvé des dates », assure David. Surtout, ça marche, l’ambiance y est chaleureuse et le public au rendez-vous !

Faire découvrir aux gens ce qu’ils n’écoutent pas autre part

Et avec un terrain de foot à deux pas des studios, est-ce que l’on parle de sport à l’antenne ? « Ça ne nous intéresse pas une émission où l’on commente les matchs de Ligue 1, il y a ça sur plein de radios », soutient David. En revanche, il y a huit ans qu’existe « Africa 22 sport », un programme atypique animé par Yao Bandeira, qui traite du sport entre la Bretagne et l’Afrique avec des correspondants un peu partout dans le monde au téléphone. Un leitmotiv qui s’applique à toute la programmation de la radio : faire découvrir aux gens ce qu’ils n’écoutent pas autre part.

D’ailleurs, qui sont-ils ces audit·rices·eurs ? « On a toujours été identifié comme une radio de jeune, parce que ça a été créé par des jeunes à l’époque. Mais ça fait 25 ans et l’on a tendance à penser que nos auditeurs ont vieilli avec nous », relate David. Il contrebalance, « mais les jeunes n’écoutent plus trop la radio ». En prenant exemple sur les bénévoles, dont les âges vont de 20 à 80 ans, soit de l’étudiant·e au retraité·e, cela laisse imaginer un panel diversifié d’audit·rice·eur. Mais dont le principal attrait se trouverait du côté de la curiosité et des envies culturelles.