MÉMOIRES DE VI(LL)ES : ROCHEFORT-EN-TERRE

Le projet Mémoires de vi(ll)es s’est déroulé à Rochefort-en-Terre de juillet à septembre 2023. Il a été réalisé par la radio Plum’FM, basée à Sérent.

LES HABITANT·E·S
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LES ÉPISODES
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Rapide description de l’épisode.

Entretien avec Léonie Clénet,
chargée de mission Tourisme et Patrimoine à Rochefort-en-Terre
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Lorsque que projet Mémoires de vi(ll)es a été proposé à la mairie de Rochefort-en-Terre, cela les a tout de suite enthousiasmé. Après le décès de plusieurs personnes âgées dans la commune, il y avait déjà eu une prise de conscience : il était important de pouvoir recueillir la parole d’une génération qui disparaissait. « Après avoir écouté le travail de Plum’FM sur Senior on Air, on s’est dit que ça allait bien se passer », se souvient Léonie Clénet, chargée de mission Tourisme et Patrimoine de la ville. Ce qui intéressait également la mairie avec ce projet, c’était de découvrir ce que la population de Rochefort-en-Terre pense du tourisme et notamment les seniors. Avec un objectif : réduire la distance entre les habitants et les touristes. « Nous avons voulu remettre les habitants au centre du projet de la commune », retrace la chargée de mission.

De gauche à droite, Léonie Clénet, chargée de mission Tourisme et Patrimoine à Rochefort-en-Terre ; Sarah Chajari photographe de Mémoires de vi(ll)es et Clémence Mazureau des Petites Cités de Caractère® de Bretagne.

À Rochefort-en-Terre, la mairie a pris le parti de créer un lien de confiance avec les habitant·e·s. C’est Léonie qui a réuni celles et ceux qui participent au projet Mémoires de vi(ll)es. « Nous avons souhaité réunir des profils de personnes différentes, que ce soit en termes d’âge, qu’elles soient nées ou non ici, qu’elles aient vécu ailleurs ou non et qui viennent de quartiers différents ». La jeune femme a procédé à un tour de village afin d’aller à la rencontre des seniors pour les inviter à participer au projet, « on m’a donné les adresses et je suis allée toquer aux portes. J’ai dû retourner plusieurs fois voir certaine personne pour les convaincre », explique-t-elle dans un sourire, contente d’y être arrivée.

Ce sont 7 femmes et 3 hommes, de 65 à 88 ans, qui ont pris part aux six ateliers d’une heure avec Plum’FM. « C’est un petit groupe et ça réussit vraiment à recréer du lien social entre eux ! L’important étant bien sûr de s’adapter afin que ce ne soit pas une contrainte, mais un plaisir pour eux », atteste Léonie. En effet, tous se connaissent, mais ne se fréquentent pas. « Il fallait également faire attention à ce que le groupe s’entende bien et que chacun se sente légitime à parler et libre de dire ce qu’ils pensent. Pour cela, Jessica Quirin a fait un beau travail. Elle les a mis à l’aise, elle est très pédagogue, elle explique tout le côté technique », relate Léonie, puis continue, « toutes et tous étaient content·e·s du projet, car iels se sont senti·e·s acteur de celui-ci ». Notamment sur les sujets autour du tourisme, ces ateliers ont favorisé des entretiens apaisés avec les habitant·e·s. « Les ateliers ont été intéressants, car ils ont fait ressortir des choses sur la commune, que l’on ne voit pas forcément lorsque l’on travaille à la mairie », assure Léonie, qui complète, « et cela représente le patrimoine immatériel de la commune, c’est super ! ».

LA PREMIÈRE VILLE À AVOIR OBTENU LA MARQUE  » PETITE CITÉ DE CARACTÈRE®  » EN 1978
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Rochefort-en-Terre est une cité construite sur un éperon rocheux sur lequel est implanté un puissant château dès le XIIe siècle. Dominant la trouée du Gueuzon, elle offre un panorama exceptionnel sur la barrière de schiste ardoisier nommée Les Grées terme qui vient du gallo « Graou » signifiant « crête ». Cette partie du massif des Landes de Lanvaux bordant la commune au nord, constitue un patrimoine naturel remarquable qui abrite une faune et une flore très diverses.

Au XIIe siècle, les seigneurs qui édifient le premier château prennent le nom du lieu et ainsi apparaissent les seigneurs de Rochefort. Cette forteresse contrôle alors la voie commerciale entre Malestroit et La Roche-Bernard. En 1374, la seigneurie passe par mariage dans la famille de Rieux qui adopte dès lors le nom de Rieux-Rochefort.

La ville se développe sur les pentes autour du château. Un premier bourg, appelé le Vieux-Bourg, s’implante au nord-est du château, puis un second s’étend au sud sur la crête étroite de l’éperon rocheux. L’axe principal de ce second bourg s’insère entre les deux édifices importants : le château et l’église Notre-Dame-de-la-Tronchaye. Ses rues étaient fermées par trois portes dont deux subsistent, la porte Cadre à l’ouest et celle de l’Étang en contrebas, au sud. La prospérité de la cité du XVe au XVIe siècle a marqué l’architecture des édifices. Les Rieux­ Rochefort restent à la tête de la seigneurie jusqu’à la fin du XVIe siècle.

À partir du XVIIe siècle, la cité perd de son importance, et ce, jusqu’à l’arrivée d’Alfred Klots en 1907. Cet artiste-peintre américain a un coup de cœur pour la cité de Rochefort-en-Terre et met tout en œuvre pour lui redonner vie.

Au XXe siècle, la cité devient un site fréquenté notamment pour son fleurissement qui allie à la pierre des édifices, lui confère son caractère pittoresque.

Pour se différencier des autres villes portant le même nom et favoriser l’acheminement du courrier la cite devient « Rochefort-en-Terre » en 1892. Sous l’impulsion de la municipalité et des Rochefortais, elle est la première cite à obtenir la marque Petite Cité de Caractère® en 1978.