MÉMOIRES DE VI(LL)ES

Malestroit - Plum'FM

 

« Mémoires de vi(ll)es » est un projet de collectages radiophonique porté par l’association Petites Cités de Caractère® de Bretagne et la Coordination des Radios Locales et Associatives de Bretagne (CORLAB).

Cette troisième saison s’inscrit dans le cadre de l’appel à projet « L’Été culturel » de la DRAC Bretagne, visant à proposer des animations durant la période estivale aux publics qui ne partent pas en vacances.

 

Photos : Sarah Chajari – L’Atelier du Canal

LES HABITANT·ES

Et Marie Brique, Paul et Monique Camussi, Françoise Gudéon, Christine et Jean-Charles Michel [non photographiés]

Michel Bailly

Michel Bailly

Pauline Bocandé

Pauline Bocandé

Jean-Paul Bourban

Jean-Paul Bourban

Francis Bricard

Francis Bricard

Jean Brook

Jean Brook

Geneviève Dufraiche

Geneviève Dufraiche

Christiane Hervieux

Christiane Hervieux

Armelle Le Gall

Armelle Le Gall

Patricia  Le Moine

Patricia Le Moine

Jean-Pierre Leconte

Jean-Pierre Leconte

Jeannine Ricaud

Jeannine Ricaud

Michel Robert

Michel Robert

Juliette Tessier

Juliette Tessier

Marie-Françoise Totivy

Marie-Françoise Totivy

Gisèle Vaillant

Gisèle Vaillant

LA RADIO

Plum'FM

Plum'FM

Jessica Quirin

 

C’est la deuxième fois que Plum’FM a la chance de participer à ce projet fort de collectage de paroles de nos aînés et de valorisation de notre si beau patrimoine breton. Malestroit, la Perle de l’Oust, est une Petite Cité  de Caractère® qui porte très bien son nom et qui mieux que ses habitants pour la raconter ? Les émissions ont permis de découvrir le Malestroit d’antan, de comprendre celui d’aujourd’hui. Les témoignages ont été tantôt émouvants, tantôt drôles, toujours plein de sincérité. Les animateurs en herbe se sont prêtés au jeu avec un plaisir évident. Plaisir partagé par la radio qui trouve en ce projet « Mémoire de vi(ll)es » un écho avec celui de Plum’FM : faire vire un territoire à travers des micros tendus à la population. Un grand merci pour ces beaux moments offerts et partagés, la radio repart avec de très beaux souvenirs.

LES ÉPISODES

 

« Nous avions des engelures quand nous allions à l’école. Les garçons, eux, c’étaient les genoux en sang parce que les culottes étaient courtes. »

Jeannine

Enfance et jeunesse

 

Témoignages : Jean-Paul Bourban, Marie Brique, Geneviève Dufraiche, Armelle Le Gall, Jeanine Ricaud et Marie-Françoise Totivy

Dans ce premier épisode, nous remontons loin dans le passé pour reprendre le chemin de l’école. Les participants racontent une enfance où on allait à l’école à pied, chaussés de sabots, parfois sur plusieurs kilomètres et par tous les temps, à une époque marquée par la guerre puis la reconstruction. Ils décrivent une discipline stricte imposée par les religieuses aux méthodes éducatives aujourd’hui impensables. Mais de cette ambiance studieuse et sévère, subsiste malgré tout la bienveillance de certains enseignants et des souvenirs nostalgiques comme les récompenses accrochées fièrement à la blouse, le chocolat chaud de « la vache à Mendès France » ou encore l’écriture à la plume.

Au-delà de l’institution scolaire, les témoignages révèlent une société profondément collective et soudée où régnait une réelle vie de quartier. Une
entraide forte entre voisins où les adultes veillaient sur les enfants et où la ville constituait un terrain de jeu immense, d’apprentissage et de liberté. Après la classe, chacun participait aux travaux agricoles ou gambadait à travers la ville et les bois pour jouer, lire à l’ombre ou inventer des spectacles pour le quartier. « On ne s’ennuyait jamais » affirment plusieurs voix.

Même la guerre reste associée à la solidarité et à la protection des parents, qui tentaient de préserver « l’insouciance malgré tout ». En dépit des privations de l’époque, l’enfance apparaît donc simple et heureuse rythmée par de nombreux temps festifs tout au long de l’année comme les fêtes paroissiales, les fanfares, les veillées d’hiver et les réunions familiales où « tout était prétexte à chanson ».

Retraite 3e et 4e âge

 

Témoignages : Francis Bricard, Jean Brook, Christiane Hervieux, Patricia Lemoine, Juliette Tessier et Gisèle Vaillant

Dans cet épisode, les intervenants évoquent leur vie active, leur passage à la retraite, mais surtout leur vécu et la façon dont ils savourent le temps qui passe. Ils soulignent que l’on peut pleinement profiter du présent lorsque l’on est en bonne santé. Beaucoup ont choisi Malestroit pour se rapprocher de leur famille ou pour sa beauté. Jean Brook évoque notamment un véritable « coup de foudre » pour sa maison lors de vacances.

Les seniors témoignent de leur attachement à cette « Petite Cité de Caractère® ». Ils apprécient la convivialité de la commune, où les gens se saluent spontanément dans la rue, la proximité des commerces, ainsi que la quiétude du canal de l’Oust. Ils insistent aussi sur l’importance de la vie associative locale et du lien social, particulièrement à la résidence du Val d’Oust, où le quotidien est rythmé par diverses animations, ou au Pass’Temps, fréquenté pour ses concerts et expositions. Ce portrait chaleureux illustre le bonheur de bien vieillir à Malestroit, tandis que Gisèle Vaillant, la doyenne du groupe, partage ses leçons de vie sur le bonheur.

 

 

« C’est une belle ville et les habitants sont super gentils. »

Jean

 

« On peut dire qu’à Malestroit, il y avait énormément de cadés dans tous les quatiers. »

Armelle

Vie active, commerces et activités économiques

 

Témoignages : Michel Bailly, Pauline Bocandé, Monique Camussi, Paul Camussi, Christiane Hervieux et Armelle Le Gall

Cet épisode explore l’évolution de la vie économique et sociale de la commune depuis les années 1950. Les participants partagent tout d’abord les parcours professionnels de chacun et la diversité de leurs métiers : artisanat, agriculture, commerce ou encore enseignement. Des trajectoires de vie dictées par vocation ou par nécessité selon les situations. Mais tous en gardent des souvenirs empreints de fierté et de solidarité, malgré parfois des conditions sommaires.

Le groupe plonge ensuite dans l’animation commerciale des rues de Malestroit des années 50 et 60. Ils dressent un portrait vivant des rues d’autrefois, où presque « une maison sur deux » semblait abriter un café. Sans compter les nombreux commerces de proximité, véritables lieux de services, et aussi de sociabilité. Merceries, boucheries, cordonniers et marchands de tissus animaient alors chaque faubourg. Mais l’arrivée progressive des grandes surfaces en périphérie a profondément transformé ce tissu économique local et a fait évoluer les modes de consommation, non sans regrets.

Cette vie foisonnante était également rythmée par la foire aux bestiaux tous les premiers jeudis de chaque mois. Un temps fort qui rassemblait tout le territoire où agriculteurs et marchands pouvaient parcourir jusqu’à 15 kilomètres avec leurs bêtes à pied ou en carriole. Malgré ses transformations majeures, les participants soulignent avec fierté que Malestroit reste « toujours une cité dynamique ». Le centre-ville, animé par un marché hebdomadaire, compte encore plusieurs petits commerces, mais aussi des services de santé actifs et des équipements culturels comme le cinéma associatif l’Armorique.

Les patrimoines

 

Témoignages : Jean-Paul Bourban, Jean-Pierre Leconte, Jean-Charles Michel et Michel Robert

Les échanges commencent avec l’histoire de Malestroit et son patrimoine bâti, témoin des fonctions de centralité passées et qui lui confère tous les aspects d’une grande et vraie ville. Jean-Pierre Leconte et Jean-Paul Bourban soulignent la présence d’environ 24 maisons à pans de bois, principalement autour de la place du Bouffay, et la singularité de l’église Saint-Gilles, avec ses pierres et ses verrières. À l’unisson, ils regrettent la disparition des anciennes Halles face à la modernisation, ce qui témoigne du caractère composite d’une cité qui mue sans cesse.

Les intervenants abordent ensuite la fragilité des milieux naturels de la vallée de l’Oust, autrefois sauvage et riche en biodiversité. Depuis le remembrement des années 1970, et face aux nouveaux usages touristiques (VTT, vélos électriques, kayak), la vallée fait face à de nouveaux enjeux qui compliquent parfois l’observation d’espèces rares, chères aux habitants. Ils font vœu d’une meilleure connaissance et régulation, au profit de la préservation de ce patrimoine naturel.

Un volet essentiel concerne le patrimoine immatériel : la disparition des savoir-faire artisanaux, comme la menuiserie ou la médecine par les plantes, et la réduction de l’usage des langues régionales, notamment le gallo et le breton. Néanmoins, l’espoir demeure grâce à des associations, des conférences et de nouveaux habitants engagés dans la sauvegarde et la réappropriation de cet héritage.

 

« Je me rappelle les Fête-Dieu, tout était fleuri et décoré avec des sciures que l’on teignait. C’était merveilleux. »

Geneviève

Vie culturelle et festive

 

Témoignages : Michel Bailly, Geneviève Dufraiche, Françoise Guédon, Patricia Le Moine et Michel Robert

Atravers cet épisode se dessine une vie culturelle et festive entre célébrations populaires et traditions religieuses. Parmi les souvenirs d’enfance, deux événements majeurs ressurgissent instantanément : les courses de chevaux à l’hippodrome du château de la Morlaye qui attirait des cavaliers venus de très loin, mais aussi la Fête-Dieu et ses processions somptueusement dans les rues décorées de sciures colorées et de reposoirs fleuris réalisés par les habitants.

A ces temps forts s’ajoutaient les fêtes annuelles incontournables comme les kermesses, organisées grâce à l’engagement collectif qui mêlaient animations et jeux telle la pêche à la ligne. Enfin Noël et le Nouvel An donnaient également lieu à des moments de convivialité notamment entre voisins. Le groupe évoque aussi les grandes fêtes qui ont marqué les esprits comme la fête folklorique de la Madeleine et ses jeux anciens remis au goût du jour. Sans oublier les fêtes nautiques sur le canal, mémorables avec leurs barques illuminées et les animations sur l’eau qui rythmaient les soirées estivales.

Mais le moment le plus marquant de Malestroit fut sûrement le Millénaire de 1987 qui resta gravé dans les mémoires. Reconstitution historique des moments emblématiques de la ville, cet événement qui a mobilisé largement la population locale avait même attiré la télévision anglaise !

Au fil des échanges, les participants observent cependant l’évolution des pratiques festives. Certaines traditions se perdent freinées par les changements de modes de vie et le recul du bénévolat. Mais de nouvelles formes d’animation prennent le relais, comme le festival au Pont du Rock qui rassemble des têtes d’affiche nationales et attirent ainsi près de 20 000 personnes, mais aussi les Mardis de Saint-Gilles et l’harmonie musicale. Sans oublier le cinéma associatif l’Armorique, bientôt centenaire et entièrement géré par des bénévoles, qui fédère toujours autant la population.